“Nous sommes un chaînon très important entre constructeur de matériel (Hardware) et fournisseur de solutions (Software)”

A la tête d’Infodip depuis 10 ans, Stéphane Motillon fait le point sur le savoir-faire de l’entreprise, sur l’évolution de ses métiers et sur les perspectives 2022.

Avec la refonte du site internet, quel message voulez-vous faire passer ?

Notre ancien site ne reflétait pas l’évolution de nos métiers. Il était temps de dépoussiérer l’image d’Infodip. Les entreprises avec lesquelles nous travaillons connaissent nos compétences. En revanche, beaucoup de sociétés qui pourraient travailler avec Infodip, ne se rendaient pas compte de ce que l’on est capable de faire pour nos clients. Cette nouvelle interface nous a permis de redéfinir plus clairement notre savoir-faire.

Justement, quel est votre savoir-faire ?

Infodip est une société active dans le domaine des technologies de l’information. Nous avons deux métiers : le premier est l’intégration de systèmes informatiques dédiés aux industriels et le second est la distribution de solutions à valeur ajoutée de sureté sur IP qui comprend la vidéo surveillance, le contrôle d’accès et la lecture de plaque. Nous sommes une entreprise B to B. Nous proposons nos produits à des installateurs, intégrateurs ou équipementiers qui vont ensuite les intégrer dans leur propre solution. Nous travaillons aujourd’hui avec de grands industriels français et internationaux, via notre BU intégration et équipementiers.

Des exemples ?

Des sociétés comme Thalès, Airbus, Ariane et récemment, Schlumberger, mais aussi des éditeurs de logiciels qui vont avoir besoin d’une plateforme hardware pour faire tourner leur applicatif et vendre la solution sous forme d’appliance.

Qu’entendez-vous par appliance?

L’appliance est une solution qui comprend du hardware et du software et elle est vendue sans aucune marque spécifique de hardware. C’est donc un système vendu au nom de l’éditeur. A titre d’exemple, le domaine des télécoms est très demandeur d’appliance, pour la gestion du réseau, des firewall entre autres.

Les éditeurs qui proposent ce type de solutions font appel à des sociétés comme Infodip pour leur fabriquer la partie matériel, le hardware. La demande est forte aujourd’hui parce que cela permet aux éditeurs de développer leurs revenus. Certains éditeurs l’ont parfaitement compris et vont jusqu’à tripler leur CA par la vente de ces solutions globales, ces fameuses « appliances ».

Pourquoi travailler avec Infodip ?

Principalement pour notre organisation industrielle. Nous proposons des produits qui n’existent pas en standard sur le marché, adaptés aux besoins très spécifiques de nos clients. Chaque projet va donner lieu à la fabrication d’un produits sur-mesure. Nous sommes capables de créer un mouton à cinq pattes !

Nous répondons à n’importe quel cahier des charges.  Nos clients nous adressent leur liste d’exigences et de contraintes et la mission de nos équipes est de trouver les composants électroniques et les cartes informatiques qui vont répondre précisément à la demande en termes de puissance, de consommation, de taille.

De plus, nous garantissons à nos clients une pérennité sur les gammes de produits. Les clients ont des projets qui peuvent s’étaler jusqu’à quatorze ans. Nous pouvons leur garantir de fabriquer toujours le même produit pendant toute la durée du projet. Nous sommes capables de les accompagner sur une longue période.

Pourquoi vous, Infodip, êtes capables de comprendre la problématique du client, l’écouter et produire exactement ce qu’il demande ? Quelles compétences vous avez en interne que d’autres n’ont pas et qui vous permettent de délivrer ce genre de solutions ?

C’est l’expérience ! Notre valeur ajoutée vient de la compétence technique des équipes d’avant-vente et du bureau d’études. Ils sont capables, à réception d’un cahier des charges spécifique, d’analyser en détail la demande et de savoir quels composants devront être utilisés et quelle adaptation il va falloir mettre en place sur la partie mécanique pour faire fonctionner la solution.

Et à chaque nouveau projet, nous capitalisons de l’expérience !

Vous parlez d’expérience. Infodip existe depuis 30 ans, c’est rassurant pour vos clients…

Oui, Infodip existe depuis 1986. C’est vraiment important. Plus on acquiert de l’expérience, plus on est à même de traiter des dossiers complexes. Le fait de travailler avec un client comme Thalès par exemple, nous permet d’acquérir des compétences supplémentaires, propres à certains secteurs d’activité. Ensuite, tout ce que nous mettons en place pour un client, nous allons pouvoir le décliner pour les autres et leur apporter un haut niveau de service.

Quelles sont les domaines dans lesquels vous intervenez le plus ?

Aujourd’hui nous ne sommes pas spécialisés dans un secteur d’activité particulier. Notre compétence, c’est vraiment notre capacité à comprendre et à interpréter les besoins des clients. C’est vraiment le point de départ. Après, il s’avère que les besoins industriels concernent plutôt certains domaines d’activité que d’autres. Aussi, nous sommes très présents dans les secteurs de l’aéronautique, du médical, de l’industrie et du transport. Ce sont des univers qui ont des contraintes particulières (chaleur, humidité, vibrations, dimension particulière de machine « form factor », pérennité du produit …) et qui requièrent des machines spécifiques.

Et c’est quand on a besoin de systèmes sur mesure, avec des contraintes spécifiques, qu’on a besoin de nous.

S’il n’y a pas de contrainte, autant acheter une machine  DELL ou HP. Mais dès que le produit standardisé des constructeurs ne correspond plus au besoin, on va venir chez Infodip.

Qu’est-ce que le « form factor » ?

C’est le type de châssis que nous allons utiliser pour fabriquer notre machine. On peut avoir différents types et tailles de châssis en fonction de la demande du client par rapport à son environnement.

Exemple : Si on doit mettre un calculateur, une unité de traitement, dans un feu tricolore, il y a moins de place que si on doit le mettre dans un data center. Donc il nous faut nous adapter. La taille du châssis va déterminer la taille de la carte mère.  On va donc aller chercher différentes cartes mères en fonction des besoins.

Autre élément important dans le choix, ce sont les contraintes environnementales :  températures étendues, altitude, vibrations, chocs. A titre d’exemple, une machine qui va être embarquée dans un camion qui roule sur des pistes non carrossées, va être amenée à énormément vibrer, ce qui nous impose des traitements spécifiques.

Et quels sont les domaines d’activités dans lesquels vous souhaitez vous développer et vos priorités pour l’année 2019 ?

Aujourd’hui, nous misons beaucoup sur le transport, le médical, l’industrie du futur, la défense et l’espace, les domaines sur lesquels nous avons les plus nombreuses demandes.

Être en veille sur les innovations de vos partenaires fait partie de votre travail ?

Oui tout à fait. Nous les tenons régulièrement informés des sorties des nouveaux produits mais aussi de l’obsolescence de certains produits. L’obsolescence est un sujet essentiel pour nous. Nos solutions sont programmées sur du long terme : 10 à 15 ans. A un moment donné, le produit ou l’un des composants, va se retrouver en fin de vie, avant la fin du programme.

Notre rôle est de collecter auprès de nos fournisseurs les dates de fin de vie de leurs produits et d’anticiper le remplacement du produit qui va devenir obsolète. Ainsi nous accompagnons nos clients sur du très long terme.

En fait, votre rôle est celui d’un intermédiaire ?

Exactement. Nous sommes un chaînon très important entre le constructeur de composants et le fournisseur de la solution. Nous apportons à nos partenaires installateurs, intégrateurs ou équipementiers l’expertise nécessaire au développement de leurs nouveaux produits pour bien appréhender et comprendre quels seront leurs besoins futurs. Ainsi nous remontons ces besoins auprès des constructeurs (hardware).

A l’inverse, nous travaillons avec les fabricants pour connaître leurs nouveaux produits et leurs innovations. De la même manière, nous remontons ces informations à nos clients afin qu’ils prennent en compte ces données dans leur développement futur.

Est-ce que vous avez une réalisation dont vous êtes particulièrement fier sur le premier semestre, dont vous voudriez parler ?

Je pense évidemment à de beaux projets menés à bien dans le domaine de l’espace. C’est un secteur dans lequel nous n’étions pas très présents. Il nous a fallu trouver des solutions dans un domaine où les exigences sont extrêmement élevées (comme en général, dans toute l’aéronautique).

Comment vous positionnez vous par rapport à la concurrence ?

Le marché de l’intégration de systèmes informatiques industriels est un marché niche aujourd’hui. C’est un marché très local. Il n’y a pas de grands acteurs européens ou mondiaux dans ce domaine. La réussite passe par une grande proximité avec les clients parce qu’il y a beaucoup d’échanges techniques. Nous sommes très peu d’acteurs, finalement assez complémentaires dans nos spécialités respectives.

Quelles sont les perspectives de développement de votre secteur d’activité dans les années à venir ?

Nous sommes positionnés sur deux créneaux porteurs : nous sommes spécialisés dans la conception de machines sur-mesure et nous sommes également présents sur le marché du COTS (Computer on the shelf). Le COTS, ce sont des machines toutes prêtes, qui ne vont pas répondre à 100% des exigences mais qui sont vendues à un prix plus agressif que du sur-mesure.

Nos clients ont des demandes partout dans le monde pour ces produits COTS. Mais, pour être commercialisés, ces produits doivent être conformes aux normes propres du pays de commercialisation. Notre force est d’apporter des certifications sur la machine, pour tous les pays européens et hors Europe. Aujourd’hui, 90% des machines que nous fabriquons sont exportées par nos clients et doivent répondre aux normes étrangères.

Il y a une forte demande sur ce type de solutions et, par ricochet, nous en profitons fortement : notre croissance a été à deux chiffres l’an dernier sur ce segment.

Stephane Motillon
Président d’Infodip